Tu sèmes, sèmes, sèmes,
L’amour et la vie
Dans mon cœur qui saigne, saigne
D’être toujours en conflit
Depuis qu’on s’aime, s’aime, s’aime,
Je ne sais plus qui je suis
Et je sème, sème, sème,
Autour de moi la zizanie
Oh mon amour, je veux souffler sur ton âme
Te faire oublier pour toujours tout le mal, tout le mal
Te rappeler comme on s’aime, s’aime
Effacer ta haine, haine, Oh mon amour
Je crève, crève, crève
Pour devenir la femme
De tes rêves, rêves, rêves
Et te donner le bonheur...
Que tu as planté...
Et puis piétiné.
Cette chanson, je l'ai écrite il y a très longtemps, dans une autre vie on dirait.
C'est un mélange d'ironie, de constatation mélancolique et de supplique dont j'étais la proie. Le fait est que j'ai très longtemps été incapable de la chanter ou même de la relire. Tan que je n'étais pas en paix avec ce moi qui l'avais écrite un jour, je ne pouvais pas la sentir sans me faire mal, et donc la travailler pour la chanter.
Et c'est un jour, dans un environnement tout à fait différent, époque et mentalité différentes mais la rage au cœur que je l'ai reprise. Pas exprès, pas parce-que je pensais que c'était le moment mais durant une peine de cœur assez tenace, après une dispute, où j'ai voulu me défouler a la guitare et me connaissant, profiter de mes émotions en pagaille pour les focaliser sur la création. J'ai feuilleté mon carnet de chanson et sans même y penser j'ai pris celle-ci et tout est sorti tout seul. La chanson telle que vous la connaissez est l'originale. Aucune retouche, aucun changement d'accords... telle qu'elle. Telle qu'elle est sortie de moi ce jour là.
Maintenant en m'auto-psychanalysant je pense que j'ai pris une chanson qui parlait d'une relation antérieur et de ses problèmes pour lâcher la frustration que je ressentais ce jour là avec cette autre relation. Plutôt que de vouloir écrire sur les problèmes présent, ça a été une façon de m'évader d'eux quelque heures, assise en tailleur sur le carrelage de ma cuisine, en plain milieu de la pièce, pour que la guitare ne cogne contre aucun des meubles que j'avais autours.
Lorsque j'ai écris cette chanson j'étais en proie a une dualité infernale, qui me faisait me rendre compte de ce en quoi je m'étais laissé convertir, en le fait que mes faits et gestes étaient destinés à servir et contenter une autre personne que moi et en l'ampleur de la culpabilité constante qu'on avait crée en moi en me faisant croire que je n'étais jamais à la hauteur et devais toujours donner plus.
Je commençais à peine à sortir de cette cage dans laquelle il faisait trop sombre pour voir la réalité. J'avais un hâle de lumière qui me montrait une porte de sorti en face de moi. Une porte ouverte avec une silhouette bloquant la sortie et me jugeant du regard. En fait, c'était moi.
Je reprenais le dessus, sachant que je n'étais plus toute seule. J'avais une graine qui poussait dans mon ventre, et un feu qui me consumait. C’était le moment de sauter du bateau, et les sirènes qui m'appelaient me soufflèrent ces quelques notes quand j'étais enfin prête pour les chanter et donner vie à cette chanson d'au revoir.